SB-04Surfaces et bois
Cire ou vernis : finir un objet en bois
Le dernier geste sur un objet en bois : quand la cire suffit, quand le vernis s'impose, et comment les deux se posent sans traces.
Éprouvée le · M. Rochant, animatrice d'atelier · relue par L. Vidal

La finition est le geste qui se paie le plus cher quand il est mal choisi : une belle pièce cirée alors qu'elle vivra au contact des verres mourra de ses auréoles ; une petite boîte vernie triple couche a perdu le toucher que le bois donnait. La fiche tranche l'usage d'abord, le geste ensuite. Et l'outil compte autant que le produit : des outils fins de travail à la main font la différence entre une cire polie et une cire étalée.
Ce que la cire fait, et ne fait pas
La cire nourrit et satine ; elle ne protège pas contre l'eau. Elle convient aux objets de main : coffrets, cadres, boîtes, tout ce qui sera touché plus que mouillé. Elle se pose au tampon de toile en couches fines, on frotte, on laisse prendre dix minutes, on polit à la brosse douce ou au chiffon de laine. Trois couches fines valent une couche épaisse, parce que la cire épaisse reste grasse et prend la poussière.
Ce que le vernis fait, et ne fait pas
Le vernis protège : il forme un film qui ferme la surface. Il convient aux plateaux, dessus de table, objets de cuisine et tout ce qui verra de l'humidité. Il se pose au pinceau plat en couches régulières, croisées, sans revenir sur un vernis qui commence à tirer. Entre deux couches, un ponçage très doux au 400 enlève les poussières prises dans le film. Le vernis mat garde le bois discret ; le satiné donne la profondeur sans l'effet plastique du brillant.
Le cas de la peinture dessous
Sur un support peint, la question change : la cire teintée assombrit les couleurs claires et patine les angles, ce qui est recherché en décor paysan ; le vernis acrylique protège la peinture sans la modifier, à condition de le choisir compatible, à l'eau sur acrylique, et de le laisser durcir plusieurs jours avant usage.
Les ratés connus
La cire qui marque les empreintes n'a pas été assez polie. Le vernis qui fait des bulles a été secoué ou posé trop épais. Le vernis qui reste poisseux a séché dans une pièce trop froide ou trop humide : les deux finitions veulent une pièce tempérée et sans poussière, ce qui est parfois la chose la plus difficile de la fiche.
L'entretien des finitions
La finition se choisit aussi pour son entretien : la cire se renouvelle, le vernis se répare. Une pièce cirée reprend une couche fine chaque année, et ce geste d'entretien est sa qualité : le bois vit sous la cire, il fonce et s'embellit. Le vernis ne se renouvelle pas, il se répare : une rayure se ponce localement au 400 et se revernit en plume, la retouche se fond si le vernis est le même. La table le note sur la fiche de chaque pièce : la finition choisie engage l'entretien futur, et une boîte cirée demande une main qui revient.
La finition qui se prépare
Les deux finitions veulent la même chose avant elles : une surface parfaite, propre, sèche. La cire ne pardonne pas la poussière, qui reste prise dans la couche ; le vernis ne pardonne pas le gras, qui fait des cratères. La table prépare la finition comme elle prépare la peinture : chiffon propre, surface dépoussiérée, pièce à température d'atelier. Une finition ratée se voit au premier jour ; une finition préparée se voit dix ans plus tard.
La fiche, éprouvée
Cire pour le toucher, vernis pour l'usage : c'est la règle que donnent les guides de finition du bois, et la table n'a jamais vu de contre-exemple durable.


