CF-01Carton et fêtes
Un cartonnage propre : la boîte qui tient
Monter une boîte en cartonnage qui tient : le sens de la fibre, la coupe au cutter, le collage qui ne gondole pas, et la couverture qui finit les angles.
Éprouvée le · M. Rochant, animatrice d'atelier · relue par L. Vidal

Le cartonnage est la technique du bac qui se juge au toucher : une boîte réussie se ferme avec un son plein, ses angles sont francs, son papier ne gondole pas. Ces trois qualités ne sont pas un talent, elles sont trois règles : la fibre, le pli, le collage. Et la première règle vient des imprimeurs : une imprimerie qui connaît le papier vous dira la même chose que cette fiche, tout part du sens de la fibre.
Le sens de la fibre, la règle qui dirige tout
Le carton et le papier ont un sens de fibre : ils se plient facilement dans un sens, difficilement dans l'autre. Tout pli d'une boîte doit se faire le long de la fibre : on le teste en courbant le carton dans les deux sens, il cède là où la fibre court. Un pli contre la fibre donne un bord arrondi et faible ; un pli dans la fibre donne l'angle vif qui fait la boîte professionnelle.
La coupe et le pli, au cutter et à l'os
La coupe se fait au cutter sur règle métallique, en plusieurs passages légers plutôt qu'en un passage forcé : le bord net vient de la lame neuve, pas de la force. Le pli se marque d'abord au plioir ou au dos du cutter, rainure légère sur la face externe du pli, puis se plie franchement. L'os de plioir polit le pli et chasse l'air du collage : c'est l'outil que la table ne remplace jamais.
Le collage qui ne gondole pas
La colle à reliure, à l'eau, gondole le papier si elle est posée en excès : la règle est une couche fine, régulière, étalée au pinceau plat jusqu'aux bords. Le papier se pose en une fois, du centre vers les bords, et se chasse à l'os. Le gondolement d'une couverture est presque toujours une histoire de trop de colle ou d'un papier tiré pendant la pose : on pose, on n'étire pas.
Les angles, la finition qui trahit
L'angle d'une boîte se lit : le papier de couverture se replie en enveloppe, coin coupé à trois millimètres de l'angle du carton, rabats rentrés dans l'ordre des faces. Un coin coupé trop près laisse le carton nu ; trop loin fait une épaisseur qui gonfle. Trois millimètres est la mesure de la table, née des angles ratés.
Le papier qui couvre
Le papier de couverture fait la moitié de la boîte : il doit être assez fort pour tenir le pli, assez souple pour chasser les bulles, assez beau pour porter la pièce. La table choisit les papiers de 120 à 160 grammes : en dessous ils se déchirent aux angles, au-dessus ils refusent le pli. Les papiers imprimés cachent les défauts, les papiers unis les révèlent : le débutant commence à l'imprimé, la table s'habitue à l'un. La fibre du papier de couverture compte autant que celle du carton : un papier collé contre sa fibre se fend au pli du couvercle.
La boîte qui s'emboîte
Le couvercle est la seconde moitié de la boîte : il se monte comme le corps, aux mêmes règles, avec deux millimètres de jeu en plus pour s'emboîter sans forcer. Une boîte dont le couvercle coince est une boîte ratée, même si tout le reste est net. La table teste l'emboîtement avant la couverture, parce qu'un jeu repris après collage est un jeu détruit : la mesure du couvercle se décide au carton, jamais au papier.
La fiche, éprouvée
Le sens de la fibre, le rainage avant pliage et le collage fin sont les règles du cartonnage et de la reliure ; la mesure des trois millimètres est la règle d'atelier, vérifiée boîte après boîte.


