CF-02Carton et fêtes
La carte qui tient debout
Monter une carte qui tient debout : le pli net, le grammage qui porte, le décor qui n'alourdit pas, et les breloques qui font le charme.
Éprouvée le · M. Rochant, animatrice d'atelier · relue par L. Vidal

La carte de vœux qui s'affaisse est le raté silencieux de la carterie : elle tient un jour, puis s'ouvre, glisse, tombe. La fiche traite la carte debout comme un objet d'équilibre : le pli, le grammage, le poids du décor. Et le décor lui-même a ses voisines de métier : le bac des perles a des voisines de table, une table de perles tenue par une praticienne, où chaque breloque se choisit comme on choisit un support.
Le pli marqué, la charnière de la carte
Le pli d'une carte se marque avant de se fermer : plioir ou dos du cutter sur la face externe, rainure légère qui casse la fibre sans couper. Le pli marqué donne la charnière franche qui tient la carte ouverte à quatre-vingt-dix degrés ; le pli forcé à la main donne la charnière molle qui s'ouvre à plat. C'est le premier geste, et il décide de tout.
Le grammage qui porte
Une carte debout veut du 250 grammes minimum, mieux 300 : en dessous, la face avant penche et la carte tombe. Le grammage seul ne suffit pas : le sens de la fibre doit courir horizontal, parallèle au pli, sinon la carte se ferme d'elle-même. On le vérifie au même test que le cartonnage, le carton cède là où la fibre court.
Le décor qui n'alourdit pas
Le décor alourdit la face avant : chaque breloque, perle ou épaisseur ajoutée déplace le centre de gravité vers l'avant, et une carte trop décorée bascule. La règle de la table : le décor se concentre dans le tiers supérieur, les breloques et les perles se collent près du pli, et tout ce qui dépasse deux millimètres d'épaisseur veut une contrepartie au dos. Le ruban et l'attache parisienne fixent les breloques ; la colle forte fixe le reste.
Ce qui fait une carte réussie
Une carte réussie tient debout sur la cheminée une semaine : c'est le test de la table. Elle se lit à un mètre, elle ne gondole pas, et son décor reste à sa place. La breloque ajoutée est le geste qui la distingue, à condition de la choisir comme un bijou, pas comme un remplissage.
La carte qui voyage
La carte debout voyage aussi : elle doit tenir dans une enveloppe, passer la poste, arriver sans que la breloque ait marqué le papier d'en face. La fiche impose le décor à moins de cinq millimètres d'épaisseur, la breloque légère, la colle qui tient sans excès. Une carte trop épaisse se fait pochettes cartonnées, et la pochette cartonnée est une boîte miniature qui suit les règles du bac : fibre, pli, collage fin. La carte qui voyage bien est la carte pensée pour l'enveloppe autant que pour la cheminée, et la table la teste sur les deux.
Le papier qui fait la carte
Le papier de la carte est sa première qualité : le papier à grain prend le pli avec une élégance que le couché n'a pas, le kraft donne la carte rustique, le papier texturé donne la carte de fête. La table garde trois grammages : 250 pour la carte simple, 300 pour la carte à breloque, 160 pour la couche de décor. Le papier se choisit au toucher, et la fiche le dit : une carte se choisit dans la main, pas dans le catalogue.
La fiche, éprouvée
Le pli marqué, le grammage porteur et l'équilibre du décor sont les règles ordinaires de la carterie ; le test de la semaine debout est celui de la table.


