TC-02Textile et couleur
Le transfert d'image sur tissu
Le transfert d'image au fer ou au médium : le sens de l'image, le support qui la prend, la pression qui la fixe, et ce qui fait un transfert durable.
Éprouvée le · M. Rochant, animatrice d'atelier · relue par L. Vidal

L'ancienne boutique du domaine vendait des planches de dessins à transférer, A3 et A4, pression ou non. La technique est restée : porter une image imprimée sur un tissu, par la chaleur ou par le médium. La fiche couvre les deux gestes, parce qu'ils ne répondent pas au même besoin.
Le transfert au fer, le plus simple
Le papier transfert se repose face contre tissu, côté image vers le bas : l'image sortira en miroir, donc tout texte s'imprime inversé, faute de quoi le torchon lira à l'envers. Le fer chaud sans vapeur presse, immobile ou en petits cercles, le temps long compte plus que la force. On laisse refroidir complètement avant de décoller le papier : un pelage à chaud arrache le film encore mou.
Le médium, le transfert des beaux objets
Le transfert au médium donne le rendu vieilli des plateaux et des caisses : l'image laser ou photocopiée est encollée côté image, pressée contre le support, séchée une nuit, puis le papier est humidifié et gratté au doigt par petites rotations. L'encre reste dans le film de médium, le papier part en peluche. Le geste est lent et il est la moitié du plaisir : gratter trop fort arrache l'image, gratter trop peu laisse un voile blanc.
Le support qui accepte
Les deux méthodes veulent un tissu naturel, lavé, repassé, tendu. Sur bois, seul le médium fonctionne bien, et la surface doit être poncée fine. Le synthétique refuse les deux : la chaleur le marque, le médium n'accroche pas. C'est la règle silencieuse du transfert : l'image ne choisit pas le support, le support choisit la méthode.
Les ratés connus
Le transfert qui pèle au lavage a manqué de pression ou de temps au fer. L'image au médium qui s'est fissurée a été grattée trop tôt ou trop fort. L'image miroir oubliée est le raté le plus fréquent et le moins pardonné : on ne relit pas deux fois un prénom à l'envers sur un cadeau.
L'image qui convient
Toutes les images ne se transfèrent pas : la méthode choisit l'image autant que le support. Les images contrastées, dessins, gravures, silhouettes, se transfèrent mieux que les photos aux tons continus, parce que le film de médium garde les zones d'encre et perd les demi-teintes. Les images d'époque, étiquettes, publicités anciennes, pages de catalogues, sont les sujets de prédilection de la table : leur grain se prête au vieillissement, et le défaut du transfert devient leur patine. La table imprime ces images en laser, jamais en jet d'encre : l'encre aqueuse bave sous le médium, le toner tient.
Le transfert qui se prépare
Un transfert réussi commence avant le transfert : le tissu lavé et repassé, l'image imprimée à la bonne taille et dans le bon sens, le plan de travail dégagé pour le geste long du grattage. La table prépare l'image la veille : miroir vérifié, marges coupées, médium ou fer prêt. Le transfert improvisé donne le transfert raté : l'image collée de travers ne se reprend pas, et le prénom à l'envers ne se relit pas.
La fiche, éprouvée
Le transfert thermique avec refroidissement complet et le transfert au médium avec grattage humide sont les deux méthodes documentées des ateliers de décoration ; la règle du miroir est l'expérience commune de tous ceux qui ont oublié.


